21 mars 2021 - 19:52
Ansarallah: la goutte de trop de MBZ

Les Émirats arabes unis ont pris ouvertement leurs distances avec Netanyahu, ce qui s'explique par le fait qu'ils refusent de servir de tremplin au Premier ministre israélien qui tente d'augmenter ses chances lors des prochaines élections en Palestine occupée. A cela s'ajoute la crainte des attaques d’Ansarallah contre leur présence militaire dans le sud du Yémen.

Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) :Couverts par les médias occidentaux dont CNN, les différends diplomatiques entre Abou Dhabi et Tel-Aviv interviennent seulement six mois après la signature de l'accord de normalisation entre les deux parties.

“Les EAU ont signé cet accord dans l'espoir d’offrir une opportunité à leur peuple, plaidant qu’il ne s'agissait pas d'un accord individuel ;  la personnalisation des accords et leur politisation de cette manière méprisent les “réalisations historiques” et empêchent les pays d’avancer”, a indiqué un responsable émirati cité par CNN.

“Netanyahu, qui se présente aux élections générales israéliennes, a décidé d'inclure le nom du cheikh Mohammed ben Zayed, prince héritier d'Abou Dhabi, dans sa campagne électorale et d'allouer des milliards de dollars à des projets d'investissement des EAU en Israël”, a rapporté CNN.

Netanyahu est allé plus loin en déclarant lors d'un débat électoral mardi dernier que les quatre nouveaux pays arabes rejoindraient bientôt le processus de normalisation des relations avec le régime sioniste. Il n'a pas nommé les pays, mais certains responsables israéliens les ont déjà mentionnés à savoir, l'Arabie saoudite, le Qatar et Oman. On avance également le nom du Niger. 

Mercredi dernier, la radio israélienne a rapporté, citant des sources à l'intérieur du bureau du Premier ministre, que Netanyahu se rendrait à Abou Dhabi le lendemain. Quelques heures plus tard, le Premier ministre a démenti en personne la nouvelle, invoquant la possibilité de conclure “davantage d’accords avec les pays arabes”.

Les responsables émiratis se sont dits déçus par ce qu’ils appellent la propagande électorale interne du Premier ministre israélien. Estimant que l’accord de normalisation s’est écarté de son objectif initial, le ministre d'État aux Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Anwar Mohammed Gargash, a déclaré que son pays refusait de faire partie du processus électoral interne en Israël, ni maintenant ni à aucun autre moment.

Par ailleurs, la semaine dernière, les EAU ont annoncé leur intention d'investir 10 milliards de dollars en Israël. Dans les jours suivants, le ministre de l'Industrie et des Technologies avancées des Émirats arabes unis, le sultan Ahmed al-Jaber, a mis en garde contre la poursuite de cette politique d'investissement dans les territoires occupés.

C’est dans ce contexte que la visite du Premier ministre du régime sioniste à Abou Dhabi devait avoir lieu jeudi dernier, mais a été reportée. Les sources d'information israéliennes ont déclaré que la raison du report de la visite de Netanyahu était le refus de la Jordanie de permettre à l'avion de Netanyahu de survoler le pays à la suite de l’obstacle à la visite du roi jordanien à la mosquée al-Aqsa.

Quoi qu’il en soit, cette annonce surprise se fait à peine quelques heures après la spectaculaire frappe aux six drones d'Ansarallah contre la raffinerie d'Aramco dans la capitale Riyad. les Émirats ont ils peur que les drones d'Ansarallah s'abattent sur des bases qu'ils sont entrain de construire dans le sud yéménite? Possible.

Il convient donc de noter que les zones du sud du Yémen: le golfe d'Aden, le détroit de Bab el-Mandeb et l'entrée de la mer Rouge sont en général sous contrôle militaire des Émirats arabes unis et une partie importante de la route maritime commerciale de l'Iran passe par ce corridor, les sionistes réclamant en outre le développement des îles dans la région mais aussi la mise en place de leur système d’écoute et d’espionnage par les EAU.

Dans le passé, les différends concernant le contrôle de l'île stratégique de Socotra dans la mer d'Oman ont poussé les forces soutenues par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis au bord d'un conflit à grande échelle sur l’île; la majeure partie de l'île, en particulier son aéroport, étant sous contrôle des EAU et l'Arabie saoudite l’utilise avec la permission d’Abou Dhabi.

Pour aller plus loin, les images publiées récemment sur les développements et les constructions sur l'île de Perim située à l'entrée de la mer Rouge et du détroit de Bab al-Mandeb, montrent que la zone est susceptible de devenir la nouvelle base émiratie dans la région. D’autant qu’une analyse récente des images satellitaires montre que l’armée émiratie évacue sa base aérienne Assab en Érythrée pour se déplacer vers l'île de Perim.

Avec une piste d’atterrissage et décollage de 3 500 mètres, la base d’Assab est capable d’accueillir tout avion émirati. Les images satellites diffusées depuis l'île de Perim montrent que les EAU sont en train de construire une piste d'environ 1 800 mètres de long pour transporter ses avions et son équipement sur l'île.

La visite de Netanyahu aux Émirats arabes unis, si elle a lieu, sera la première dans le pays depuis la normalisation des relations entre les deux parties.

Le 23 août dernier, les États-Unis, Israël et les Émirats arabes unis ont publié une déclaration commune révélant les relations officielles entre Abu Dhabi et Tel-Aviv depuis de nombreuses années.

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